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Publié par Cabinet Médical des Drs PANGAULT et HAMONIC

ETUDE DU SOMMEIL

Quelques rappels concernant le sommeil de l’enfant
Le sommeil de l’enfant est particulier dans sa qualité et son rythme ; il subit au cours des premières semaines et des premiers mois une transformation rapide pour se rapprocher du sommeil adulte.

Durée du sommeil
A la naissance, la durée totale du sommeil quotidien est très longue, puis se raccourcit  progressivement ; selon les auteurs mais aussi selon les individus, les chiffres moyens varient :
A la naissance……………………………………………  20 à 21 heures     
A 1 mois……………………………………………………19 à 20 heures
A 4 mois……………………………………………………16 à 18 heures
A 8 mois…………………………………………………   15 à 16 heures
En fin de 1ère année……………………………………13 à 15 heures
A 3 ans……………………………………………………11 heures

La période de sommeil du matin est généralement supprimée vers 18 mois et  celle de l’après-midi entre 3 et 4 ans.
Puis le temps de sommeil total se réduit progressivement, parallèlement à la maturation motrice, intellectuelle, neurologique et affective :
Entre 4 et 9 ans……………………………………………     9 à 11 heures
Entre 10 et 14 ans...………………………………………     8 à 10 heures

Rythme du sommeil
Lui aussi évolue avec le temps. Le sommeil du nouveau-né, d’abord entièrement dominé par les motivations instinctives (particulièrement celle de la faim) et à leur satisfaction, est modulé ensuite par l’apparition et le développement des conditionnements extérieurs, biologiques, ou psycho-affectifs et par la relation mère-enfant.
Pourquoi détecter les troubles du sommeil ?
Les difficultés de sommeil du jeune enfant sont un problème fréquent touchant 25 à 30 % des enfants. C’est un motif fréquent de consultation, il faut se méfier du traitement appliqué par la famille souvent plus nocif qu’utile.

Symptomatologie
Interroger les parents sur : 

1.    L’existence de troubles du comportement qui caractérisent les insomnies. Dans ce cas, l’enfant présente des troubles diurnes, parfois nocturnes dont l’intensité est variable selon l’importance de l’évolution : les uns sont dominés par l’hyperactivité motrice diurne et parfois nocturne, contrastant souvent avec des troubles de l’organisation psychomotrice et du langage, les autres sont caractérisés par l’anxiété et l’angoisse de l’enfant qui se cachent ou non derrière un système d’opposition plus rarement d’inhibition.

2.    L’existence de difficultés à l’endormissement en distinguant :
o    Les difficultés habituelles, surtout entre 2 et 6 ans : L’enfant met entre 20 et 30 minutes pour s’endormir en raison de l’état de tension que provoque le coucher.
 
o    Les troubles d’endormissement : L’enfant met plus de 30 à 60 minutes pour
s’endormir et peut présenter aussi des éveils nocturnes et des troubles du comportement diurnes. Les troubles d’endormissement prennent la forme d’opposition au coucher (Surtout entre deux et trois ans, l’enfant manifeste et s’agite au moment du coucher, se relève, demande à boire. Il lutte contre le sommeil). Les rites d’endormissement prennent une allure répétitive, parfois obsessionnelle.

3.    L’existence de troubles du sommeil en distinguant
o    Les éveils nocturnes : L’enfant se réveille une ou plusieurs fois par nuit en appelant ses parents et en exigeant une présence pour se rendormir. Il peut être associé à des troubles diurnes. Présente des troubles du comportement diurnes, parfois nocturnes.

o    Les épiphénomènes nocturnes ou parasomnies : cauchemars, terreurs nocturnes, rêves d’angoisse, somnambulismes.
o    Cauchemars
Si l‘enfant s’éveille, il reconnaît son entourage et peut être rassuré.
o    Rêves d’angoisse
o    Terreurs nocturnes
L’enfant brusquement s’assoit sur son lit, en criant, pleurant, hurlant, le corps secoué de sanglots. Il ne répond à aucune sollicitation de ses parents, il paraît totalement ignorer leur présence, il est impossible de le rassurer ou d’entrer en contact avec lui.
o    Somnambulisme
Il se définit comme une déambulation nocturne, inconsciente, récidivante, non stéréotypée dont l’enfant ne se souvient pas, en l’absence de toute lésion organique

o    Le cosleeping ou sommeil partagé. Normal dans certaines cultures, il traduit parfois un trouble de la relation parents-enfant et peut être associé aux autres manifestations : troubles de l’endormissement, réveils nocturnes et troubles diurnes.

Parmi les troubles du sommeil de l’enfant, les insomnies peuvent se présenter sous la forme d’épiphénomènes qui ne touchent pas ou peu le système du sommeil (cauchemars, terreurs nocturnes, somnambulisme, …) alors que l’insomnie proprement dite s’associe à des perturbations plus ou moins importantes des systèmes de sommeil et d’éveil.


Que rechercher en cas de troubles du sommeil ?
Chez l’enfant, les causes sont très nombreuses , elles doivent être répétées et persister suffisamment longtemps pour entraîner plus qu’une insomnie banale. Leur multiplicité nécessite de voir l’enfant avec les parents en reprenant avec eux les détails d’organisation de la journée, de la nuit, des repas, du mode éducatif… en sachant que la découverte d’une seule cause est rarement suffisante. Ils peuvent être classés de la manière suivante.

Le non-respect par des parents trop anxieux, pendant les premiers mois de vie, des phases de sommeil paradoxal confondus avec des phases de réveil qui entretient alors l’insomnie.
Il faut encourager les parents à ce que parents et enfants aient, dans la mesure du possible, leur territoire respectif pour le sommeil.

Troubles de la relation mère-enfant
Ils peuvent être représentés par des traumatismes psychiques ou physiques :
o    Les séparations, l’hospitalisation, une naissance, la présence d’une autre personne dans la famille, mettant la mère en échec dans sa relation affective, l’absence du père retentissant sur la constitution plus ou moins anxieuse de la mère.
o    Les interventions intempestives de la mère à la moindre demande, au premier cri, organisant une véritable symbiose mère-enfant, responsable de nombreux troubles dès que cette relation est quelque peu écartelée.
o    A l’inverse, la mère lointaine, peu affective, froide, parfois inquiète du moindre contact avec son enfant, toute rupture trop brutale.
o    Les troubles pathologiques parentaux momentanés ou non, le souci de la mère de protéger en permanence son enfant contre un père considéré comme trop autoritaire, pathologique ou absent.

Erreurs éducatives
Le non-respect des rythmes diurnes (repas, sommeil, activités, sorties) l’excès d’agitation par absences de limite, de frustration, le changement de lieu ou de chambre trop précoce ou trop fréquent, le lit dans la chambre des parents à un âge déjà respectable, quand ce n’est pas le coucher avec les parents, l’intolérance ou la trop grande tolérance devant les rites du coucher (objet transitionnel, sucette, lumière, porte ouverte, présence d’un des parents, besoins divers…), les enfants laissés seuls trop tôt, les couchers trop tardifs, la télévision, l’excès de tolérance ou l’intolérance de certaines activités (jeux, sorties, contacts avec d’autres)…

Difficultés socio familiales
Les conditions de vie matérielle, le lieu d’habitation, la promiscuité, les nuisances sonores, les problèmes relationnels avec d’autres enfants, ou avec un groupe…

Difficultés propres de l’enfant
Elles ont certainement dans leur déterminisme une part génétique ou de terrain : en effet, il est nécessaire de respecter les besoins de sommeil des gros dormeurs aussi bien que des petits dormeurs ; d’autres sont plus anxieux, ils s’inquiètent dès le moindre changement de situation, s’accrochent à leur mère et sont de bons candidats à l’insomnie d’endormissement si l’on n'est pas un peu tolérant. Les enfants hyperactifs sont très difficiles car les limites raisonnables ne sont pas toujours faciles à trouver, elles sont pourtant nécessaires et doivent tenir compte de la vivacité et des besoins moteurs accrus de l’enfant.
Ces situations multiples sont responsables d’attitudes incontrôlées et de l’utilisation de très nombreuses médications parfois elles-mêmes responsables de troubles de sommeil.


Conduite à tenir en cas d’anomalies constatées ?
Tout enfant aura à un moment ou un autre de son développement un trouble du sommeil. L’épiphénomène ne doit pas devenir un fait constant.
Rassurer les parents.
Rechercher et prendre en charge les causes d’insomnie.
Il est important de préciser les difficultés d’endormissement et les réveils nocturnes ainsi que les temps de sommeil à l’aide d’un agenda de sommeil puis de repérer les causes précédemment décrites.
L’existence de troubles psychoaffectifs ou l’échec de conseils simples d’ordre comportemental doit faire demander un avis psychologique.
La guidance parentale peut-être associée à un traitement médicamenteux ayant valeur de placebo mais il est déconseillé de proposer un traitement sédatif ou anxiolytique de première intention sans prise en charge psychologique et sans évaluation précise.



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